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Julien Peron, secrétaire de la section

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Réussir l'école avec toutes les familles et tous les enfants!!

Contribution de Sébastien Billon d' ATD Quart Monde      novembre 2012          

            Réussir l'école avec toutes les familles et tous les enfants

1/ ATD Quart Monde, la misère et l'exclusion/l'échec scolaire

a/ Une nouvelle définition de la grande pauvreté et de la misère

- on a souvent des données chiffrées sur la misère: 8 millions de personnes en france sous le seuil de pauvreté (norme européenne, 60% du revenu médian), 1 million d'enfants pauvres, 30% de chômage chez les 15-29 ans en zone urbaine sensible....

mais atd quart monde défend une définition de la misère qui ne soit pas d'abord monétaire et financière. et fait en cela la différence entre pauvreté et misère/grande pauvreté

image du tranpoline: chacun peut avoir des "coups durs" dans la vie: handicap, chômage, divorce/perte d'un conjoint, pb de santé...ces difficultés de la vie peuvent nous placer dans une réelle et parfois durable précarité financière; une corde du trampoline est rompue: mais parce que malgré ce coup dur la personne qui n'est pas issue de la grande pauvreté peut garder des assises culturelles, des soutiens familiaux ou amicaux, voire des liens sociaux/associatifs, la personne va pouvoir garder certains repères, certaines forces pour ne pas sombrer et continuer à vivre debout, à "rebondir" même si c'est un peu moins haut et plus difficilement

La grande pauvreté c'est quand toutes les sécurités lâchent, quand toutes les cordes du trampoline rompent simultanément: chômage, logement indécent/expulsion, difficultés à se soigner, illetrisme, absence de droits culturels et de loisirs, risque de placement d'enfants...Là on ne rebondit plus, on est "noyé", humilié

Pour l'échec scolaire on peut de même aligner les chiffres: 150 000 enfants qui sortent du système scolaire sans diplôme chaque année (18% des jeunes), augmentation de 30% en 10 ans des élèves en grande difficulté en fin de collège, 20% des jeunes testés à la journée défense et citoyenneté ont du mal à lire, ...

mais aujourd'hui, au-delà des chiffres, atd quart monde veut évoquer les raisons de fond qui peuvent expliquer la difficulté de mettre en place une école de la réussite de tous (et avec tous) et proposer des pistes de solution

 

b/ un lien pauvreté/échec scolaire mais pas de déterminisme

Aujourd'hui le lien entre famille en précarité/grande pauvreté et l'échec ou le décrochage scolaire n'est guère contestable ni contesté; ce qui ne veut pas dire que tous les enfants de familles défavorisées sont en échec, mais qu'une majorité des jeunes en échec ou rupture scolaires sont issues de familles socialement, culturellement fragilisées.

En revanche atd quart monde refuse depuis toujours la fatalité et le déterminisme d'un lien de causalité: il faut savoir qu'historiquement, un des principes fondateurs d'atd quart monde est de refuser d'expliquer la misère par le manque de chance, la fatalité, voire la responsabilité des pauvres (cf doc idées reçues); bien au contraire, pour atd quart monde, la misère est ll'oeuvre des hommes de la société, une atteinte fondamentale aux droits de l'homme (exemples) dont sont victimes les plus pauvres. Il n'y a donc pas de fatalité de la misère, simplement une mobilisation nécessaire pour considérer la grande pauvreté comme une discrimination majeure, comme le racisme, le sexisme ou l'homophobie, et à ce titre de tout mettre en oeuvre pour la supprimer

Concernant le lien pauvreté-échec scolaire il en est de même: dès les années 60 Bourdieu et Passeron (sociologues) ont montré que l'école reproduisaient plus qu'elle ne les effaçait les inégalités; mais en avançant entre autres comme explications le manque d'ambition de certaines familles et le handicap socioculturel, ils ont contribué à installer (involontairement) l'idée d'une certaine fatalité; plus récemment les travaux de bernard charlot, elisabeth bautier ou j y rochex ont permis d'aller plus loin et de reformuler la question en des termes qui sont aussi ceux de meirieu et frackowiack dans un livre commun de 2008:

" aujourd'hui il s'agit (pour l'école) de savoir si on va se résigner à laisser le darwinisme social- relooké en idéologie du maillon faible- nous submerger ou si l'on va s'engager dans une société où l'on ne désespère jamais de quiconque, où l'on permet à chacun de trouver une place et de continuer à apprendre tout au long de sa vie"

c/ Reconnaître un savoir et une expertise aux plus pauvres

ATD Quart Monde s'est toujours battu pour dire que l'on ne vaincrait pas la misère et qu'on ne bâtirait pas une société avec tous si l'on se contentait de soulager la misère (ex distribution) et de penser des solutions avec les pauvres. Nous défendons l'idée que comme les universitaires ont un savoir validé par des diplômes, comme les professionnels ont un savoir validé par des diplômes et une fonction, les plus pauvres ont un savoir qui n'a pas de diplôme, une expertise qui est celle de leur expérience: eux seuls peuvent témoigner de la réalité de la grande pauvreté, eux seuls peuvent exprimer leurs aspirations, leurs idéaux, leur combat pour s'en sortir, pour la réussite de leurs enfants. Or comme ces personnes souvent ne sont pas à l'aise avec l'expression, comme la misère les a abimés à tous points de vue, on ne prend pas le temps de les écouter, de les consulter, de les accompagner pour leur permettre d'exprimer leur pensée, et de construire des solutions (ici pour l'école) avec et à partir d'eux:

- ex proposition loi béchu alloc familiales sans consultation famille

- ex upqm et co formation; fonctionnement gpe atd quart monde

Or on ne peut donner à qqn une place dans la société sans reconnaître son savoir: parce que "savoir c'est d'abord avoir la conscience d'être quelqu'un, pouvoir donner une signification à ce que l'on vit, à ce que l'on fait, pouvoir s'exprimer. Savoir, c'est comprendre ce que l'on est, ce que l'on vit, pour pouvoir le partager avec d'autres. C'est faire des expériences dont on ne sort pas humilié mais fier"(J Wresinski)

aujourd'hui, c'est à partir de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils disent, de ce qu'ils espèrent que je vais essayer de vous dire pourquoi les familles les plus fragiles  se trouvent et se sentent exclues de l'école, et quelles pourraient être les pistes de solution         

2/ Pourquoi l'école échoue-t-elle avec les enfants et les familles les plus pauvres et les plus fragiles?

a/ Une méconnaissance réciproque

- les familles les plus précaires ont souvent une histoire elles-mêmes très douloureuses avec l'école. ex de l'illetrisme, souvenir de stigmatisation sociale-scolaire (ex jérome qui peinait à imaginer qu'un prof puisse être sympa), difficultés à comprendre le fonctionnement, les attentes de l'institution, peur de se voir stigmatiser (ex peur des informations préoccupantes qui peuvent déboucher sur des pbs socios pour eux)

- les enseignants et chefs d'établissement ne sont jamais issus du quart monde, n'habitent pas les mêmes quartiers, n'ont pas les mêmes repères socio et culturels et de fait ne comprennent pas ce que vivent les plus fragiles, ne perçoivent pas le double regard d'espoir et de crainte qu'ont ces familles; à partir de là tendance à juger, à moquer même, à critiquer en tout état de cause (familles "tuyau de poèle, démissionnaire,...) ex de témoignages de parents:

"je suis né dans la violence, l'école ne peut pas comprendre cela. Quand on vit dans la violence, dès la maternelle on est catalogué et je regrette qu'il n'y ait pas l'institution judiciaire pour aider les enseignants à comprendre ce qu'on vit, la violence que l'on subit"

ex simone

" si nous, on ne va pas à l'école, c'est pas qu'on a pas le temps ou que l'on ne s'occupe pas de nos enfants; mais c'est parce que l'on a été nous mêmes, enfant, en échec scolaire et que cela reste une grande souffrance"

ex  ex  lassitude désespoir certaines familles; ne pas prendre épuisement moral, physique devant difficultés socio éducatives de leurs enfants pour un manque d'amour!

"j'ai eu des notes catastrophiques et ça a été un blocage. On m'a traité de raté; toute ma vie je l'ai vécu et même encore aujourd'hui je le ressens"

ex jérome, une seule fois suffit à marquer une vie, ex famille pour qui français lui-même est un pb

plus généralement sans même parler des plus pauvres difficulté de l'institution à reconnaitre, faire confiance et donner place aux parents qui ne sont pas comme "nous" enseignants-principaux, qui n'ont pas les mêmes codes sociaux-culturels

ex à Montaigne d'arillesse, élève d'origine maghrébine dont le père parfaitement intégré tient une superette mais qui, parce que son fils avait des difficultés de comportement et lui était très bavard, extraverti avec une faconde toute méridionnale, "saoulait" prof et principaux et n'était ppas forcément pris en considération, estimé et écouté jusqu'au bout

comme dit un parent: "on ne voit  rient de tout ce qu'on fait pour que nos enfants soeint bien, on ne comprend pas notre souffrance, notre combat, nootre courage"; insister courage qu'il faut pour tenir debout dans la misère, pour aller d'as en éducateur et en prof toute la journée, pour entendre 10 fois de suite s'entendre dire que ça ne va  pas ...

 

b/ de la méconnaissance à la défiance et aux idées reçues...

quand on se connait mal, quand on se comprend mal, on se juge vite, et souvent négativement

du coup d'un côté les familles vont véhiculer des idées reçues sur les enseignants et l'école, avec une peur (la peur d'être convoqué, la peur du coup de fil du collège qui amène toujours des problèmes), une amertume et une colère mélée d'impuissance envers les professionnels

de notre côtés, on se laisse facilement happés par les idées reçues sur les plus fragiles:

 les pauvres seraient des assistés qui "profiteraient" des allocations, voire des fraudeurs: sauf que deux tiers des chômeurs sont prêts à retrouver un emploi, même sans gain financier, sauf que la moitié des personnes éligibles au rsa n'en font pas la demande; quant à la fraude, la fraude aux prestations socialles (tous milieux confondus) est estimée à 3 milliards par an, dont 90% sont in fine récupérés: à comparer avec les 20 milliards de fraude fiscale annuelle en france, rarement le fait des plus pauvres...

les pauvres seraient irresponsables et profiteraient des allocations sans s'occuper de leurs enfants

c'est de telles représentations qui ont pu amener en 2010 le député ciotti à pproposer la suppression des allocations familiales pour les élèves absentéistes (loi aujourd'hui abrogée), ou qui amène aujourd'hui le sénateur béchu à nous exprimer concernant une proposition de loi visant le versement intégral des allocs familiales au cseil général en cas de placement qu'aujourd'hui certaines familles s'en sorte bien , finalement satisfaites de ne plus à avoir à assurer l'éducation de leurs enfants tout en touchant des allocations; il y a sans doute d emauvais parents chez les pauvres comme ailleurs mais autant j'ai vu des parents en galère, épuisés, desespérés, désemparés, je n'ai que très rarement vu, pour ne pas dire jamais vu aucun parent se réjouir de vivre séparé de ses enfants, préférer de l'argent à ses enfants!

de même on entend régulièrement dire que tel parent est un cas social, qu'il démissionne, qu'il ne vient jamais, qu'il nous tient un discours de façade voire qu'il nous manipule...a-t-on le droit de parler avec autant d'assurannce et de mépris de personnes que l'on connait et comprend si peu? Est-on sûr d'être dans le vrai

l'équation qui "tue": mauvais élèves= mauvais parents

si l'élève est agité, perturbateur, c'est "forcément" de la faute de ses parents, de son éducation, et les professionnels n'hésitent pas à dire qu'il faudrait commencer par éduquer les parents, par leur apprendre à être de bons parents. A Arendt a bien montré le côté totalitaire de cette idée de rééducation des mauvais parents

de même si l'élève est absentéiste c'est qu'il est décrocheur, mais donc, lui et sa famille complètement responsable et coupable; jamais il ne viendrait à l'institution de se dire que c'est peut être elle aussi qui "décroche" certains élèves, certaines familles en ne donnant pas suffisamment dans son accueil et son accès aux savoirs la possibilité à chacun, quel que soit son milieu, sa culture, son origine, de s'y retrouver, de s'y épanouir et de s'y sentir valorisé

de même il m'est arrivé de voir en classe relais certains parents demander le placement de leur enfant: mauvais parents? c'est ce que j'ai cru au début tellement c'était incompréhensible mais bien plus aujourd'hui appel au secours, exprpession d'une détresse et d'une impuissance immense

c/ Une école au modèle éducatif figé et "élitiste"

- on considère aujourd'hui que c'est aux élèves de rentrer dans le cadre des apprentissages imposés, pas à l'école de construire le savoir avec et à partir de la culture et des apports de tous. Pas de place dans la culture institutionnelle pour la culture, les formes d'expression et de valorisation des savoirs et cultures populaires ou minoritaires (ex d'un élève gens du voyage qui apparaissait sans culture et qui s'est libéré quand on a étudié gadjo dilo (film)),

pas de reconnaissance de savoirs, de cultures chez les élèvesn, pas, peu de curiosité pour enrichir la vie commune et les apprentissages des savoirs et cultures des familles et des enfants

- système scolaire où le collège reste un "petit lycée" censé préparer un maximum d'élèves au lycée général; les voies de formation professionnelles restent un second choix, et plus l'élève va être en difficulté plus on va exiger de lui un projet d'orientation, de métier, de vie, tôt; et cela sans prendre réellement les moyens de donner aux parents toute leur place dans ce cheminement d'orientation qui leur est complètement hermétique pour une bonne part

- alors que comme le disait bachelard "la société doit être faite pour l'école et non l'école pour la société", l'école tend trop encore à calquer sur le fonctionnement de la société une méritocratie individuelle plutôt qu'une démarche coopérative, la réussite individuelle plutôt que la réussite et le projet collectif, l'individualisme plutôt que la solidarité dans son mode d'enseignement, dans ses évaluations, dans son fonctionnement global; comment s'atonner alors qu'elle reproduise et aggrave les inégalités plutôt que de les réduire

 

3/ Des pistes de solution pour réussir l' école avec tous les élèves et toutes les familles

a/ dialoguer encore et toujours même si c'est difficile et compliqué

témoignage d'une maman: "en primaire on y arrive encore; au collège c'est la rupture surtout avec les devoirs à faire à la maison quand on vit à 7 dans 50 mètres carrés. le travail de mes enfants a commencé à plonger, il n'existait aucun dialogue avec le collège: tout passait par le carnet de correspondance; c'est le principal qui a pris l'initiative de la rencontre et il a mis un espace de travail à disposition de mes enfants. moi je n'avais pas eu le réflexe de prendre contact avec lui  enfermé dans ma logique de ne pas parler de mes difficultés. Il s'est intéressé à nous,à notre situation sans juger et les rapports avec le collège ont changé"

ex dylan où maman injoignable il y a deux ans, à commencé à venir aux rendez-vous en fin d'année dernière et là est prête à accompagné son fils et à être accompagnée aux apprentis d'auteuil, au casia...

ex parent qui disait moi je veux que mon fils trouve un apprentissage un boulot; son attente de l'école était grande mais uniquement centrée sur débouché professionnel; ce n'est pas forcément conception de l'école de l'enseignant du principal: besoin de temps pour arriver à se comprendre sur espérances et attentes réciproques de l'école, pour trouver un projet commun et éviter malentendu/rupture

 importance notion de temps et de confiance dans ce dernier exemple: notre temps scolaire en année scolaire ne correspond pas au temps des familles les plus fragiles pour se construire, faire confiance: pls générations pour sortir de la misère, nécessité de s'engager dans la durée avec les familles, de passer de l'accompagnement social-éducatif ponctuel au compagnonnage durable et équitable

importance aussi de rester ouvert aux sollicitations des familles notamment en terme d'accompagnement lors des r vous: être accompagnée d'une amie, d'une personne d'association peut être essentiel pour permettre à une personne en précarité de faire le pas de la rencontre avec le professionnel, de pouvoir s'exprimer, de pouvoir aussi en reparler avec un tiers à posteriori et décrypter ce qui s'est dit; ex de manuella à angers et difficultés/défiance parfois de certains professionnels par rapport à ces tiers

b/ donner  dans nos écoles toute leur place aux parents les plus fragiles

- ex expérience jérome au ca/ responsabilité aussi des fédérations de parents et des autres parents; ex aussi de mobilisation des parents autour d'un spectacle d'école, d'un chantier, d'un repas culturel  (ex ça commence aujourd'hui avec torreton)

- mobiliser tous les parents et acteurs de l'école pour que le projet pédagogique et de vie du collège se construisent avec tousles parents; ex enfant stigmatisé st léger des bois dans école de mes enfants mission chef établissement de rappeler devoir respect et solidarité aqux pparents qui proposaient déjà exclusion vers autre école, pprojet de parents solidaires dans un quartier, une école...

- qu'il n'y ait pas seulement des contacts, des réunions parents profs quand il y a des pbs; ex de la classe relais et importance d'un dialogue permanent, sans jugement, autour d'un projet pédagogique et éducatif global pour le jeune dont la famille est au centre (ne pas mettre enfant dans conflit légitimité entre école et famille, c'est situation impossible pour lui, et il choisira toujours sa famille)

c/ créer des partenariats et un maillage autour du jeune et de sa famille

souvent pour élèves les plus en difficulté il y a les profs qui travaillent d'un côté (nous on enseigne on n'est ni éducateur ni assistants scoiaux), mais la famille et le jeune sont aussi "suivis" par ailleurs par des assistants sociaux, des éducateurs, des travailleurs familiaux, parfois des tutelles, des psys ou médecins...bref une multitude de "suivis" qui se juxtaposent, se croisent sans jamais coopérer et faire sens: là aussi expérience de la classe relais où on essaie, toujours à partir et autour du jeune et de sa famille, de réunir tous les acteurs et professionnels en lien avec l'enfant pour construire progressivement projet éducatif global

arrêter de séparer pédagogie et éducatif, vie personnelle et vie à l'école; les enfant sne sont qu'un et on arrive à l'école avec ce qu'on est : s'il n'y a pas eu à manger le matin, s'il y a eu des coups à la maison, s'il y a mmenace d'expulsion ou de placement, l'élève porte forcément cela en lui et on ne peut faire comme si tout cela disparaissait pour qqs heures à la porte du collège

cela ne veut pas dire que c'est au collège de tout régler, mais qu'il est de notre devoir de prendre l'initiative de fédérer toutes les forces pour et autour de l'enfant; et cela parce que l'école est le dernier équipement public des lieux les plus marginalisés , qu'elle est d'abord et toujours un lieu de sociabilité, d'apprentissage du vivre ensemble

d/la formation initiale et continue

nécessité pour les profs et principaux de mieux connaitre ce que vivent les familles les plus précaires, mais aussi de mieux connaitre des réalités comme celle de la justice et des mesures éducatives, des placements, des migrants...

curiosité personnelle mais au-delà redéfinition des missions de l'enseignant et du chef d'établissement et revoir formation initiale et continue

ex co formation avec familles du quart monde et méthodologie

une question à se poser: "en quoi une meilleure connaissance  de la réalité de ce que vivent les familles peut-elle constituer un projet pédagogique?"

e/impulser une pédagogie de la coopération, où chaque élève est une chance

tout change quand le regard change sur l'enfant: ex d'un parent: "vous êtes la première personne qui dit que mon enfant sait faire qq chose"

deux ex en classe relais: arillesse qui arrive d'evry avec lourd dossier: peur, et comment par confiance et accompagnement valorisant et cadrant trouve sa place

idem jaoued proposé à classe relais sur son passé à priori par un chef d'établissement; refus de l'inspecteur qui exige qu'il aille d'abord au collège et comment chacun découvre un enfant attachant, qui sait se valoriser en dépit de ses difficultés scolaires

mission du chef d'établissement de passer du cours magistral, au mieux d'une pédagogie plus ou moins différenciée à une pédagogie de la coopération

accepter de "perdre des plumes" de défendre des valeurs; ex d'un prof qui refuse un élève, qui exige excuse publiques d'un élève, qui parle mal d'une famille, ex d'un principal qui exclut insidieusement un élève...

Conclusion

les plus pauvres attendent bcp de l'école: "nous voulons une école qui prenne en compte la réalité de nos vies, nous voulons une école qui nous ouvre sur la vie, qui regarde chaque élève comme une chance. Cette école nous voulons la penser ensemble" 

Une loi d’orientation et de programmation pour refonder l’école de la République

Le savoir : un droit fondamental, un enjeu de civilisation.

Définissons ensemble le niveau de formation, de connaissance, de culture pour tous les citoyens.

 

Introduction de l’atelier

 

Pourquoi un atelier législatif ?

 

Faisant suite au travail de la commission de concertation sur la refondation de l’école de la République, le Parlement est en train d’élaborer une loi d’orientation et de programmation du système éducatif.

Actuellement nous n’avons pas  de nouvelles du texte. Mais les échos que nous en avons et les premières mesures annoncées ne laissent guère augurer d’une rupture avec la loi précédente (loi Fillon).

Mais les parlementaires du Front de Gauche ont souhaité que remontent des départements des éléments susceptibles de les aider dans leur positionnement et également de peser sur le débat nationalement.

Nous sommes dans une démarche qu’explore le Front de Gauche. Le réseau école du Parti Communiste Français a décidé de s’inscrire dans cette démarche. Des chemins nouveaux de la démocratie qui tentent de donner aux citoyens le pouvoir de peser sur les décisions de bout en bout.

 

 

L’objet de l’atelier.

 

Nous sommes dans une démarche de propositions d’orientations. Ce qui ne va pas être facile. Gilbert est chargé de nous rappeler le chemin. Penser et élaborer collectivement des idées visant à ce que tous les citoyens s’approprient ce droit fondamental, cet enjeu de civilisation, le Savoir, la Connaissance, la Culture commune.

 

Les lobbies patronaux européens sont parvenus avec l’accession au pouvoir de Sarkozy et de ses équipes de l’UMP à transformer en profondeur le système éducatif. Le travail était déjà entamé depuis une  quinzaine d’années, mais les résistances, les luttes avaient retardé ce qui est déjà en œuvre dans plusieurs pays d’Europe. Adapter la formation aux exigences d’employabilité des formes actuelles du travail. Former des salariés flexibles, assez réactifs pour s’adapter à divers postes de travail suivant les besoins du capital, peu enclins à contester le système, voir à le soutenir au nom de la concurrence entre les peuples, mais aussi une élite capable de manager les autres et de contribuer à l’effort suprême de la recherche du profit.

Il ne s’agit aujourd’hui de passer la réunion à dénoncer ce système, même si nous prendrons appui sur son caractère de classe.

 

L’enjeu est de penser l’ambition d’un système de formation des êtres humains pour faire avancer la civilisation.

L’école pour apprendre quoi ? vers quelle visée de société ?

Comment la maîtrise des savoirs peut-elle contribuer à la prise de pouvoirs ?

Comment peut-on viser de nouveaux pouvoirs dans l’entreprise sans donner aux salariés les moyens intellectuels de les exercer ? tous les salariés en sont-ils capables ? tous les citoyens, dans leur cité, leur département, leur région, leur nation et leur monde, peuvent-ils réellement disposer des outils de compréhension, d’intervention pour exercer le pouvoir ?

Le Savoir est-il réservé à une classe sociale (ou à quelques élites choisies pour justifier la ségrégation organisée) ? Qui demain pourra accéder à la recherche fondamentale afin de permettre, par les applications, de grandes avancées scientifiques, technologiques, médicales, environnementales ? Ne s’agit-il pas d’un enjeu de classes ?

Dans les batailles idéologiques de fond que mènent le capital et les forces politiques, les lobbies de la finance, comment prendre des repères et déjouer les pièges sans la connaissance, le travail intellectuel, la culture, la capacité à argumenter avec son propre esprit critique ?

Cette visée est-elle seulement possible sous l’aune du hasard de la naissance ?

En fonction de la chance des « aptitudes innées » ?

Peut-on encore croire qu’il y a les jeunes qui vont « faire des études » et ceux qui vont « aller en apprentissage » au plus vite sans interroger la conception de l’intelligence humaine  et les rapports de classe qui la sous-tendent ?

 

Aujourd’hui, la droite, le Medef ont réussi à faire admettre dans la loi qu’il fallait que les jeunes acquièrent un minimum de  bagage en fin de 3è. Cela s’appelle le socle commun de connaissances et de compétences. C’est la loi de 2008. Les programmes de la maternelle au collège ont été revus entièrement. C’est ce qui est enseigné depuis 5 ans. Cela a été pensé ne terme de compétences à acquérir sur des critères d’employabilité directement inspiré par le patronat : lire, écrire, compter, cliquer. Chaque élève dispose d’un livret personnel qui permet de définir son profil d’employabilité. Ça fait froid dans le dos. C’est dans les écoles et collèges. Le collège sert donc de gare de triage pour orienter d’un côté les salariés à des emplois d’exécution et de l’autre côté ceux qui seront les penseurs et les managers du système. Pas pour le changer, pour le pérenniser. C’est bien loin tout cela de l’ambition de 80% d’une classe d’âge au bac. Le lycée à la mode « Fillon » a profondément modifié cette ambition. Ceux qui vont au  lycée et ceux qui n’y vont pas et qui vont en apprentissage.

Je donne ces informations aussi pour notre connaissance du projet de la droite.

Mais aussi pour contribuer à décrypter les orientations du projet du PS. Celui-ci ne remet pas en cause le principe du socle, le tri, la visée.

 

Comment, pour nous, penser une formation de base de 3 à 18 ans (proposition du Front de Gauche) pour tous ? un haut niveau de culture commune ? un service public national d’éducation incluant la formation professionnelle, la formation des adultes, l’éducation permanente, et pourquoi pas l’alphabétisation ?

 

Notre débat ne sera pas sans convoquer les questions du développement en pariant sur les intelligences, de la ré industrialisation, de la planification écologique, de l’intervention citoyenne pour décider de l’avenir de la planète.

Le pari de l’intelligence non pas de quelques chanceux (que dire de la notion d’égalité des chances ?) mais de tous et toutes, n’a-t-il pas à voir avec l’émancipation individuelle et collective?

 

Au-delà de la question incontournable des moyens, essayons de penser le savoir comme un droit fondamental pour tout être humain.

 

 

 

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