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Débat d’orientations budgétaires de Saint Jean de la Ruelle lors du Conseil Municipal du 18/11/2011

 
 
 
 

Le rapport sur les orientations budgétaires donne une analyse de la situation financière de la ville et évoque le contexte de la conjoncture économique. Je note dans la conclusion que « dans ce contexte extrêmement défavorable, la municipalité maintiendra à la fois ses ambitions, son attachement au service public, dans le respect de l’exigence d’une gestion budgétaire dynamique et vigilante…. Cette position responsable est conforme aux engagements pris devant les stéoruellans …». Mais alors : ça va mal à l’extérieur et chez nous le budget permet « (p 12) de répondre aux besoins de la collectivité » ? La politique dure de la droite n’a pas d’effet ? Celle-ci pourrait donc se poursuivre et cela ne changerait rien ? Les services et les agents dans la préparation du budget diront si le budget 2012 répond aux besoins de la collectivité. Mais je souligne que j’entends des agents de nos services techniques dire aujourd’hui même qu’ils ne peuvent réaliser les travaux demandés à 2 alors qu’ils étaient 3. Je ne peux pas croire que la perspective ne serait que dans le choix entre une austérité de droite et une austérité de gauche. Une rigueur de gauche comme celle que vous défendez permettrait-elle de maintenir un service public de qualité ? Le rapport nous dit (p 2) que « pour 2012 le gouvernement a décidé de contraindre les collectivités territoriales à l’objectif de réduction des déficits publics ». Il faut ajouter : la commission Européenne et les marchés financiers!!! Si nous vivons cette super austérité qui met à genoux des pays actuellement en Europe, c’est le résultat de décisions politiques, en particulier de traités : celui de Maastricht en 92 avec le diktat des 3% de déficits publics, celui de Lisbonne en 2007 avec « la concurrence libre et non faussée », et de divers pactes de dits des « rapaces » et autre règle d’or. Cette Europe, ce n’est pas la solidarité promise ; cette Europe, ce monde, c’est une jungle mortifère dans laquelle la dictature des marchés financiers, des agences de notation ne fait que se révéler davantage chaque jour pour ce qu’elle est. Des dangers nouveaux se précisent, auxquels les gouvernements capitalistes tentent de faire face dans une logique dont les conséquences pourraient s’avérer dramatiques pour tous les peuples européens… avec des degrés de violence contre les services publics, les collectivités et contre les gens et leur vie, qu’on a du mal à réaliser. La réponse à cette crise sera d’ailleurs au cœur de la confrontation politique de 2012. Les forces de gauche sont mises au défi d’apporter des réponses nouvelles. Et les Elus ne pourront pas rester en retrait, isolés sur le local, dans un contexte où les citoyens interrogent la capacité de la gauche à porter un changement au plan national et européen. Les orientations budgétaires de notre commune ne peuvent ignorer cela. Il y a besoin de réponses nouvelles Car on voit bien que les plans successifs du tandem Merkel-Sarkozy échouent à endiguer la crise. Ils l’aggravent même, car ils sont calés dans les mêmes rails : soutien et garantie sans cesse accrus au système financier – soi-disant pour empêcher son effondrement – et en contrepartie, austérité décuplée, pour les salaires, les retraites, les dépenses sociales et publiques. Le remède est pire que le mal. On pourrait parler de la Grèce…, puis de l’Italie. Mais la France n’est pas loin. On nous bassine avec la dette. Mais ce n’est pas la masse de crédits des 5500 collectivités qui pose problème. Elle est, somme toute, raisonnable, elle assure dans des conditions d’équilibre financier des collectivités 70 % de l’investissement public. C’est qu’avant 2008, on avait une première fois financiarisé cette dette en la jouant sur la spéculation mondiale. Première faillite, premier renflouement. En a-t-on tiré les leçons ? Non on recommence. Quel a été le rôle de banques ? Prenons l’exemple chez nous de DEXIA. Mariani, proche de Sarkozy et nommé par lui à la tête de DEXIA en 2008, a continué la même logique après un renflouement public de 2 fois 3 milliards. Et patatras, les errements poursuivis intégralement par DEXIA, amènent à une deuxième faillite et cette fois, au démantèlement. Avec tous les dangers pour les collectivités et les contribuables. Vous nous dites qu’il n’ya pas d’emprunt toxique à St Jean de la Ruelle, mais aujourd’hui, à quelle banque se fier ? Dexia, il y a 2 ans n’était pas toxique. Cela renforce la nécessité d’un pôle bancaire public financier en France dégagé des marchés. Les agences de notation s’arrogent le droit de dicter la conduite des états. Les marchés financiers imposent de fait maintenant les 1ers ministres. Et les premières mesures concernent les dépenses publiques c’est-à-dire les collectivités locales, autrement dit nous ici ! C’est avec ces cercles vicieux, avec ces logiques sur lesquels s’est développé le capitalisme mondialisé qu’il faut rompre en cessant d’encourager la spéculation contre les besoins et les droits humains. La vraie bataille n’oppose pas les « bons » gestionnaires aux laxistes. Bien « gérer » le nez collé à la Note triple A, c’est s’assurer d’aller droit à la catastrophe. C’est au nom de cela que les collectivités locales comme la nôtre ne parviennent pas à boucler un budget à la hauteur des besoins des agents et des habitants. Le prétendu « réalisme » n’est en fait que du fatalisme. Les banques ne prêtent plus aux collectivités ? c’est parce qu’elles mettent leur argent ailleurs dans l’achat de dettes et les marchés. Les élus communistes dans les communes, les départements, en Région proposent de mobiliser les agents et les populations par des budgets de lutte, des pétitions, motions qui pousseront à desserrer les carcans qui nous sont imposés. Cela est indispensable si on ne veut pas – à notre corps défendant – participer à la résignation devant le pouvoir mortifère des puissances d’argent. Il n’y a pas de sortie de crise sans recul des marchés financiers. Et, je le dis haut et fort, partout où des gens de gauche seraient tentés de s’adapter au nom du réalisme, de renoncer à se battre, de continuer à appliquer les reculs budgétaires, les suppressions ou non remplacement de poste – c’est cela qui dans la situation actuelle, serait de la folie pour notre service public. Pour 2012, montrons avec les services les besoins. Chiffrons-les. Voyons ce qui manque. Mettons cela en regard des profits financiers, des sommes engouffrées dans le soutien aux banques, dans les niches fiscales et autres cadeaux à la finance. Retardons le vote du budget pour en faire une période de combat et d’alerte avec les autres collectivités de gauche du département et la Région. Cela nourrira le débat pour des changements profonds tant espérés par les gens, surtout « les plus modestes et les plus fragiles » (je reprends votre conclusion) qui risquent bien, faute de ces batailles, de rester dans l’abstention. La mise au pas des marchés financiers est une absolue nécessité si on veut pouvoir penser une issue à cette crise qui est celle d’un système tout entier. Les sondages, les luttes sociales, les débats de fond qui traversent nos partis politiques le prouvent. Ces orientations budgétaires ne me satisfont pas. Elles sont trop marquées par la timidité face aux vraies questions posées aux collectivités territoriales. Il n’y a que la perspective de chercher des recettes nouvelles que nous autorise la loi. C’est maigre. À voir la purge en Grèce et celle qui attend les Italiens, les Portugais, les Espagnols et bientôt les Français, je me dis qu’il va falloir penser à changer le « logiciel ». Nous n’y parviendrons qu’en mobilisant les populations autour d’un projet et un contenu qui rompe franchement avec l’ultra-capitalisme actuel. Ce serait un signe fort pour la gauche en 2012. Un dernier mot sur le budget de l’eau. Il est question d’ « une nouvelle convention tripartite entre la ville d’Orléans, la Lyonnaise des Eaux et la ville de St Jean de la Ruelle… conclue avant fin 2011 ». Quand aurons-nous cette nouvelle convention à débattre entre nous ? Mais aussi, la ville d’Orléans et la Lyonnaise ont annoncé la baisse de 14 % du prix de l’eau à Orléans avec la renégociation du contrat, lors que vous annoncez une augmentation de 2,5% !!!. Il y a quelque chose qui ne va pas. Le prix de l’eau doit aussi baisser à St Jean de la Ruelle. Le rapport devrait le mentionner. Je vous remercie de votre attention.

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